BIENVENUE


BIENVENUE A TOUS !


Certains d'entre vous connaissent déjà cette fiction et en attendaient la suite,

D'autres viennent d'arriver et la commencent seulement...

Quoiqu'il en soit, je vous souhaite à tous

UNE TRES BONNE LECTURE !




PRESENTATION DE LA FICTION :

Cette fiction nous vient d'Allemagne. Les premiers chapitres ont été traduits par lola (qui se chargeait de l'ancien blog) puis corrigés par moi. Les autres ont été et seront entièrement traduits par moi (Isabelle. Pour plus de renseignements, voir TDL-fanfiction.sky). Tout plagiat sera dénoncé.


AUTEURE :

L'auteure se prénomme Sarah, elle est née le 5 avril 1990 et est fan de Tokio Hotel.
Elle aime écrire mais a récemment lâché la plume pour se consacrer à un être inattendu qui ne demandait qu'à pointer le bout de son nez : son bébé.

Elle a terminé cette fiction il y a maintenant 1 an et demi et a commencé à en écrire une deuxième partie, suite aux nombreux commentaires pleins d'éloge laissés par ses lecteurs. Elle a eu l'idée d'écrire cette fiction par un ami à elle. Un ami qui n'a pas eu une belle enfance... Cette histoire lui tient vraiment à coeur.

Elle espère que cette histoire vous plaira autant qu'elle a pu plaire aux lecteurs allemands...


RESUME :

C'est l'histoire de Tom, un jeune psychologue déjà couronné par la réussite, à qui une clinique pour les enfants victimes d'abus sexuels fait appel. Un de leur patient, Bill, a accumulé les aides-soignants sans succès pendant 8 ans. Tom s'avère être sa dernière chance. Mais comment faire pour aider un patient qui refuse le contact masculin ? Comment Tom peut-il aider Bill alors que son passé ne fait qu'un avec son présent ?




@ BTGG love : J'aidais déjà lola à traduire la fiction. A la base, c'est moi qui lui en avais parlé, puis j'en avais parlé sur TDL, ça avait intéressé des gens, du coup elle s'est proposée pour la traduire avec mon aide parce que ça faisait trop pour moi... Et là je vais simplement continuer toute seule. Et oui la fic est terminée, j'ai donc la suite !

# Posté le lundi 23 février 2009 18:22

Modifié le mardi 03 mars 2009 16:01

Chapitre 1: La première impression compte.

Chapitre 1: La première impression compte.
Image : Elle avait été instaurée par un homme qui, dans son enfance, avait subit de graves abus sexuels de la part de son oncle.



Chapitre 1: La première impression compte.



Très fatigué, un jeune homme se tenait devant les portes de la clinique HFK et se creusait la tête en se demandant pour quelle raison son chef lui avait demandé de se rendre ici. Une affaire très importante l'attendait ici à Hambourg. Le fait que cette "affaire", comme disait son supérieur, avait certainement avoir quelque chose à faire avec son travail, avait été sa première pensée.


Sa profession? Psychologue pour enfants. Il était responsable d'enfants et d'adolescents qui avaient grandi au milieu de problèmes familiaux. Il gérait quelques groupes au sein desquels les personnes affectées pouvaient parler avec lui, et il leur offrait son aide dans la mesure du possible. Mais là, un tout nouveau cas semblait l'attendre.


Sa curiosité l'avait amenée directement sur le terrain du bâtiment HFK. Avant d'entreprendre son long voyage, il s'était informé minutieusement sur cette clinique. Elle avait été instaurée par un homme qui, durant son enfance, avait subit de graves abus sexuels de la part de son oncle. Et depuis, plus de 50 enfants ayant eu le même destin ou ayant vécu une situation similaire étaient accueillis ici chaque année.


L'abbréviation "HFK" signifie : Help For Kids. On avait bien chargé Tom d'aider l'un de ces enfants. C'est ce qu'il avait présenti de toute façon. Mais allait-il réussir? Il ne l'apprendrait qu'une fois que ses pieds l'auraient conduit jusqu'au grand bâtiment.


La maison ressemblait dans l'ensemble à un petit château. Le domaine était largement clôturé pour que les patients n'aient aucune possibilité de s'enfuir. De cette façon, l'entrée était également impossible aux personnes extérieures. Sur un panneau en fer devant l'entrée était écrit : Seulement pour les patients, les employés et les visiteurs (durant les heures de visite).


Le jardin pouvait donner lieu à un grand nombre d'activités. On pouvait voir une petite piscine qui était elle aussi entourée d'une clôture. Beaucoup de ces adolescents et enfants se bâtaient contre des dépressions. Une piscine y était une bonne aide pour échapper à leurs problèmes et tirer un trait sur leur ancienne vie.


De plus, il y avait aussi un terrain de sport. Il devait sûrement y avoir régulièrement des cours pour pousser à une dépense physique suffisante. On pouvait trouver un petit bar à proximité de l'entrée. On devait aussi pouvoir profiter de son temps libre ici. La partie restante du "jardin" ressemblait à un magnifique parc avec beaucoup de bancs et un étang.

Tout cela était maintenant, en cette période de l'année, recouvert d'une épaisse couche de neige. Ce blanc rendait tout le jardin encore plus sympathique.
Tom avait donc jusque là une très bonne impression d'ensemble de son nouveau lieu de travail. C'est avec un sourire de satisfaction que Tom grimpa jusqu'en haut des marches pour ouvrir l'énorme porte qui ressemblait presque à celle d'un château. L'intérieur le surprit tout aussi agréablement que l'extérieur.

L'entrée menait directement à un grand hall très haut de plafond. A droite et à gauche, au bout du hall, se trouvaient deux escaliers qui conduisaient à l'étage supérieur. Même un groupe de fauteuils avec des canapés rouges et une vieille table en bois ornée de fioritures se tenaient à la disposition des patients et des visiteurs. Il y avait aussi beaucoup de plantes dans la pièce.

Sur le mur droit se trouvaient quelques portes. Toutes bien désignées par des pancartes.


- Inscriptions
- Toilettes (garçons)
- Toilettes (filles)
- Salle de détente
- Salle commune


Deux de ces locaux intéressaient Tom plus particulièrement. D'abord, la salle de détente. Lorsque Tom ouvrit celle-ci, un large sourire se glissa sur son visage. Ici, on pouvait vraiment se sentir à son aise.

Il y avait partout des matelas avec des coussins et des couvertures. Les murs et le plafond étaient décorés de draps aux couleurs lumineuses. Cela donnait presque l'impression de se trouver au ciel, si l'on s'y laissait tomber et que l'on fermait les yeux, ou bien si l'on regardait simplement vers le haut. La deuxième pièce que Tom s'était déjà largement imaginée était la salle commune. Et il avait vu juste. On y trouvait tables, chaises, encore un joli petit sofa et une radio pour écouter de la musique. Le mur était tapissé de photos et de posters. Sur la table étaient disposés quelques magazines pour les jeunes.

Un regard furtif sur sa montre révéla à Tom qu'il devait se présenter dans le bureau de la directrice dans 5 minutes. Il se trouverait bien assez de temps plus tard pour visiter le reste.

Vu que le bâtiment n'était pas tout petit, Tom se renseigna rapidement sur une carte où l'on pouvait trouver un petit itinéraire pour savoir où se trouvait le bureau de sa supérieure provisoire. Au premier étage.

L'homme aux cheveux châtains monta à nouveau les marches, jusqu'à atteindre l'étage suivant. L'étage ressemblait à celui du bas que Tom venait juste de quitter. Pleins de salles désignées par des écriteaux, un petit banc et des plantes. Mais cette fois il n'avait plus le temps de céder à la curiosité et de faire le tour de la clinique.

Tom se dirigea vers le bureau et toqua brièvement, jusqu'à ce qu'un léger "entrez" retentisse de l'intérieur.

Une dame blonde un peu plus âgée était assise dans la petite pièce qui semblaient d'autant plus étroite à cause de l'énorme bureau, et réglait la paperasse quotidienne. Elle tapa encore rapidement quelque chose sur son ordinateur avant d'hasarder un regard sur le nouveau collaborateur.

« Vous devez être Tom Kaulitz. Je suis Andrea Reiser. La directrice de la clinique » dit-elle de manière sympathique en guise de salutation. Tom confirma son nom et lui tendit la main d'un geste amical. Elle lui demanda gentiment de prendre place, ce que le jeune homme fit. Il continua de lui sourire de façon agréable tout en s'asseyant sur l'une des chaises en face d'elle.

Depuis le temps, sa curiosité était devenue telle qu'il posa directement la question qui le préoccupait depuis déjà si longtemps.

« De quoi s'agit-il exactement ? Pourquoi est-ce que je suis là ? » Un bref sourire se glissa sur le visage de sa nouvelle supérieure en remarquant l'impatience de son collaborateur. Il était vrai qu'on l'avait fait attendre longtemps avant de le délivrer enfin...






Les chapitres déjà publiés auparavant arriveront vite, promis. Mais j'espace juste un peu pour me laisser un peu de temps pour traduire la suite, faire les montages, etc...

# Posté le lundi 23 février 2009 18:39

Modifié le mardi 24 février 2009 17:07

Chapitre 1 (2ème Partie)

Chapitre 1 (2ème Partie)
Image d'origine : ICI



Chapitre 1 : La première impression compte. (2° partie)


« Il s'agit de Bill. Personne ne connaît son nom de famille. Le prénom « Bill » était inscrit sur le pendentif de sa chaîne lorsqu'on nous l'a apporté. C'est pourquoi nous avons pris ce prénom comme point de départ. On nous l'a amené lorsqu'il avait 7ans. Un vieil homme l'a trouvé dans un parc. Sans habits, grièvement blessé et aussi abusé sexuellement. Il est resté longtemps allongé à l'infirmerie, jusqu'à ce qu'il soit rétablit.

Nous avons recherché ses parents et voulions dénicher un membre de la famille, mais malheureusement personne ne s'est présenté. Peut-être qu'il ne vient absolument pas d'ici. Nous ne savons pas.

Même après quelques semaines ici, il ne parlait toujours pas. Pas un seul mot. Il est resté encore deux mois sous le choc. C'est seulement ensuite qu'il a commencé à parler. Mais pas beaucoup. Juste quelques mots. C'est donc possible qu'il vienne en fait d'un autre pays et qu'il ne sache pas parler allemand. Du coup, nous lui avons donné des cours, mais il ne parle toujours pas beaucoup plus. Par contre, il nous comprend très bien et répond aux questions d'un signe de tête. Il dit aussi des choses occasionnellement, mais nous n'entendons jamais de phrase complète de sa part. Il n'écrit pas non plus. Cependant quelques patients l'on vu avec un carnet. Peut être qu'il y écrit quelques trucs. Un journal intime ou quelque chose comme ça. Nous n'en avons encore rien vu.

C'est le seul qui se ferme de plus en plus aux autres. Il n'a pas un seul ami ici. Et ce n'est pas la faute des gens. Ils ont souvent essayé de se lier d'amitié avec lui. Mais il les a toujours repoussés, il ne les a pas laissé se rapprocher de lui.

Même les infirmiers ont des soucis avec lui. La thérapie qu'il suit depuis déjà des années ne révèle vraiment aucun progrès. Nous ne savons pas ce qui lui est arrivé. Il ne dit rien et devient de plus en plus dépressif. Il s'enferme dans sa chambre et n'en ressort plus.

Lors d'une consultation hebdomadaire que nous avons faite il y a quelques jours, nous avons même trouvé une coupure très profonde sur son avant-bras. Apparemment, il voulait se donner la mort. Mais il semble que pour une raison quelconque, cela n'ait pas marché. Mes collègues supposent que quelque chose l'a retenu. A mon avis, c'est juste qu'il a beaucoup trop peur de la mort. Car plus rien ne le retient dans ce monde. »

Tom écoutait attentivement ce récit et essayait de se faire une image de cet adolescent. Il connaissait ce genre de cas. Des enfants abusés qui ne s'en sortaient plus avec leur vie. Qui s'étaient longtemps laissés emprisonner par leur sort sans comprendre ce qui s'était passé.

« Quel âge a Bill maintenant? » demanda-t-il pour connaître l'âge de son futur patient.

« Il va bientôt avoir 16 ans. Il avait confié son âge à l'homme qui l'avait trouvé. Il nous avait même fait part du jour de son anniversaire. Mais c'est tout ce que nous savons sur lui »

Tom ressentait beaucoup de peine pour l'adolescent sur lequel il devrait veiller prochainement. Déjà abusé à l'âge de 7 ans. Après des années, toujours pas vraiment rétabli. Apparemment, tout cela lui faisait bien plus de mal du fait qu'il ne le montrait pas physiquement. Ses parents semblaient soit être morts, soit ne pas s'occuper de lui. Tom ne voyait pas d'autres solutions. Sinon, il était sûr que quelqu'un se serait mis à la recherche de ce Bill. Quelqu'un aurait voulu le récupérer. Mais apparemment, il ne manquait à personne. Sauf si sa famille était vraiment originaire d'un autre pays. Peut-être d'un pays pauvre. Ca aurait pu être une raison pour que personne ne le recherche.

« Et dois-je m'en occuper maintenant ? » Madame Reiser secoua la tête. « Pas directement. Votre Chef m'a raconté quelques trucs sur vous. Que les enfants que vous encadrez ont confiance en vous. Que vous avez déjà aidé quelques enfants. Ca pourrait avant tout venir de votre âge. Vous êtes encore très jeune. Les adolescents peuvent s'identifier à vous. Et vous devez essayer de vous rapprocher de Bill pour l'aider. »

Tom acquiesça. Jusque là, aucun cas ne l'avait encore dépassé. Allait-il échouer pour la première fois ?

« Nous disposons d'un accompagnateur par cas. Ca veut dire que vous serez responsable de Bill dans les temps qui suivront. Vous ne devrez pas le surveiller 24 heure sur 24. Il préféra certainement rester souvent seul. Mais vous passerez beaucoup de temps avec lui. Il n'y a que de cette façon qu'il pourra vous accorder sa confiance et que vous pourrez en savoir plus sur ses problèmes. »

Ils discutèrent tous deux encore quelques minutes de ce garçon qui ne se remettait pas de ce qui lui était arrivé, jusqu'à ce que la cloche retentisse.

Le temps des cours était fini pour aujourd'hui. Et Tom allait maintenant rencontrer son nouveau protégé.

Madame Reiser accompagna Tom jusqu'en haut, là où se situaient les chambres individuelles des patients. Bill vivait dans une chambre individuelle.

« Pourquoi n'a-t-il pas de camarade de chambre ? » Un jeune aux problèmes sociaux devrait être logé avec des personnes de son âge. Pour apprendre comment se comporter avec les autres.

« Il ne voulait pas. Nous avons essayé. Encore et encore. Mais dès qu'il a dû partager une chambre, il ne dormait plus et restait éveillé toute la nuit, assis sur son lit. Il pleurait aussi la plupart du temps. C'est pourquoi nous l'avons à chaque fois sorti de la chambre pour le mettre tout seul en bas » cela éclaira Tom. Si ça le faisait aller encore plus mal, alors peut-être que c'était mieux ainsi.








@ ketty : lol oui ! ^^ C'est parce que j'ai déjà eu à faire à des filles qui copiaient/collaient mes traductions et je t'avoue qu'après y avoir passé des heures, ça énerve un peu de voir que les sources de leurs articles ne sont pas mentionnées =S

# Posté le mardi 24 février 2009 12:28

Modifié le mercredi 25 février 2009 03:43

Chapitre 2 (Part 1) Tout début est difficile.

Chapitre 2 (Part 1) Tout début est difficile.


Chapitre 2 (Part 1) Tout début est difficile.


On ouvrit la porte de la chambre 55. A l'intérieur de cette chambre se trouvait le patient le plus difficile de la clinique. Cette pièce n'avait rien de particulier. Un lit normal en bois clair, une table de nuit où régnait un désordre absolu, un bureau sur lequel un puzzle gigantesque avait était commencé et une penderie. Les portes étaient restées ouvertes. Les vêtements avaient seulement été lancés négligemment à l'intérieur. Bill ne semblait pas se préoccuper du rangement. Combattre ses problèmes était sûrement déjà bien assez pour lui.


Ce qui frappait particulièrement les yeux, c'étaient les murs peints. Tous bariolés au marqueur noir apparemment. Des dessins tribaux ornaient le blanc fade. On pouvait même trouver le nom de Bill entre les traits noirs. Au-dessus du lit quelqu'un avait même peint une rose noire. Avait-il lui-même fait tout ça ?


« Bill ? Lui, c'est Tom. Ton nouveau responsable. Il va commencer par rester avec toi. Même tout à l'heure chez la psychologue, ok ? » La directrice s'approcha du garçon qui se tenait devant la fenêtre et observait les flocons de neige blancs. Il avait des cheveux noirs qui lui arrivaient jusqu'aux épaules. Il s'était fait faire quelques mèches bleues. Tom ne pouvait pas en voir davantage pour le moment vu que Bill avait le dos tourné. Madame Reiser lui obstruait aussi la vue puisque qu'elle avait désormais un bras autour de Bill et le serrait légèrement contre elle. L'adolescent s'appuya contre la femme âgée sans pour autant détourner son regard de la neige. Avait-il seulement compris ce qu'on lui avait dit ? Après tout, il n'était pas exclu qu'il soit originaire d'un autre pays.


Ce n'est que lorsque Bill se détacha de la légère étreinte et qu'il se retourna que Tom pu observer le garçon plus en détail. A première vue il ne ressemblait pas a un enfant vivant la peur au ventre. Plutôt à un garçon effronté, heureux de vivre, et qui comploterait volontiers des coups avec ses copains. Cependant Tom savait que l'apparence extérieure de Bill masquait ses problèmes intérieurs.


Bill s'approcha de lui. Il n'affichait pas le moindre sourire malicieux qui pourtant lui irait probablement bien. Son regard était vide. Dépourvu d'émotion. Il ne dévoilait rien de lui. Il s'arrêta juste devant Tom et lui tendit la main. Il ne regarda pas son responsable dans les yeux. Il détournait son regard ou le baissait encore et toujours pour fixer le sol. Les yeux sont les miroirs de l'âme. Bill ne voulait manifestement pas que quelqu'un fixe son for intérieur, au plus profond de lui.


« Salut, Bill. Heureux de te rencontrer. Comment vas-tu ? » Durant toutes ces années en tant que psychologue pour enfant, Tom avait appris qu'il fallait parler normalement avec les patients.

« Bien » répondit simplement Bill. Toujours sans sourire. Comme Madame Reiser l'avait déjà mentionné. Pas de phrases complètes. Seul le nécessaire sortait des lèvres de Bill.


Le garçon aux cheveux noirs ne se préoccupa pas longtemps de son invité. La neige qui ne cessait de tomber sur le sol au dehors avait éveillé son attention. En effet, il se retournait déjà pour aller à la fenêtre. Il s'assit sur le rebord de la fenêtre, les jambes tirées vers lui.


« Eh bien, je vais vous laisser un peu seuls tous les deux. » La directrice colla un baiser sur la joue de Bill puis alla vers Tom. « Voilà l'emploi du temps de Bill. Ca serait bien qu'il ne rentre pas trop tard. » Elle quitta la pièce avec un sourire amical. Maintenant ils étaient seuls. Et Tom allait bien devoir commencer un peu son travail. Il s'approcha un peu plus de son protégé. Il regarda encore une fois les œuvres d'art aux murs.


« T'as fait tout ça toi-même ? » Tom ne savait pas si à tout hasard Bill l'écoutait. Il attendait pourtant une réponse. Qu'il obtint ensuite.

« Oui. Tout seul. » Tom sourit. Etait-ce déjà un début? Ou parlait-il autant avec les autres aussi ?

« Est-ce que tu veux bien me montrer la clinique ? Je ne m'y retrouve pas encore ici. » Ce serait un début si Bill se décidait volontairement à lui montrer le domaine. Mais il secoua la tête. Très légèrement. Puis il se leva et alla mettre sa veste.

« Neige » murmura-t-il, ce que, bien sûr, Tom comprit. Bill voulait aller dehors dans la neige. Il voulu suivre Bill hors de la chambre. Mais Bill se retourna lorsqu'il fût à la porte et regarda Tom pour la première fois dans les yeux. « Tout seul. »

« Je ne peux pas venir avec toi ? »

« Non ! Tout seul. » Tom acquiesça d'un signe de tête. Même si au fond il aurait espéré que Bill veuille bien passer un peu de temps avec lui. Mais il ne pouvait et ne voulait pas non plus l'y forcer. Bill ouvrit la porte et quitta la chambre. Tom s'eclipsa aussi hors de la pièce en soupirant.


Il suivi Bill en gardant une certaine distance. Il s'assiérait simplement dehors sur un banc. De sorte que Bill reste dans son champ de vision. Rien ne pouvait se passer ici. Ce n'était sûrement pas la raison pour laquelle il le suivait. Mais Bill était maintenant son patient. Il fallait qu'il apprenne à le connaître. Et peut-être que par ses observations, il apprendrait des choses sur Bill qui l'aideraient à avancer. Et avec le manteau noir de Bill qui lui arrivait jusqu'aux genoux, il ne pourrait pas le perdre de vue de sitôt.


Quelques autres adolescents et aussi quelques enfants encore bien jeunes vinrent à la rencontre de Bill et Tom. Ils regardaient Tom en souriant. Il offrirent même leur sourire à Bill auquel ce dernier ne répondit cependant que par un regard timide.


Le garçon aux cheveux noirs ne s'arrêta pas une seule fois avant d'arriver à l'air frais. Il resta d'abord debout devant la porte, inspirant l'odeur de l'hiver. Puis il se remit en mouvement. Il passa la piscine couverte ainsi que le terrain de sport. Il semblait se diriger directement vers quelque chose. Tom marchait encore à quelques mètres de lui. Bill l'avait-il déjà remarqué ?


Sur un chemin étroit sur lequel quelques bancs avaient été placés, Bill s'arrêta. Brusquement. Il essuya la neige du banc de ses doigts fins et prit place. Ce qui le fit remarquer qu'il avait un poursuivant. Mais une fois de plus, Tom pouvait pas voir la moindre émotion sur le visage de Bill. Bien qu'il fût à présent certainement en colère que Tom n'ait pas réagi à son « Tout seul».


Bill regarda Tom droit dans les yeux, secoua la tête et sortit ensuite un petit bloc et un crayon de la poche de son manteau. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il détourna le regard de Tom pour regarder devant lui, vers un vieil arbre qui se situait plus loin. Bill commença à faire une ébauche de cet arbre. Il gribouillait sur son bloc et ne prêtait plus atention à Tom. Celui-ci s'assit sur un autre banc.

Puisque Bill avait remarqué Tom, il ne cacha plus le fait qu'il observait son patient. Il voyait très bien que Bill avait l'intention de dessiner cet arbre.Tom sortit un bloc à son tour. Cependant il ne voulait pas faire de croquis, mais noter ce qu'il avait appris sur Bill jusqu'à présent. Du coup il ne fit plus attention à Bill pendant quelques secondes, qui lui, prit silencieusement la poudre d'escampette.


Il retourna à pas rapides dans la maison et était à présent certain d'avoir semé Tom. Il se glissa dans la salle commune qui, comme d'habitude, était vide à cette heure. La plupart des gens allaient dans leur chambre à cette heure-ci, se reposaient après l'école, faisaient leur devoirs, montaient pour aller dans la salle d'ordinateurs ou regardaient la télé dans la salle de cinéma. Mais Bill préférait être seul. Même sans Tom. Ou peut-être justement pour ne pas être avec Tom ?


# Posté le mercredi 25 février 2009 06:30

Modifié le mercredi 25 février 2009 07:07

Chapitre 2 (part 2) Tout début est difficile

Chapitre 2 (part 2) Tout début est difficile


Chapitre 2 (part 2) Tout début est difficile


Le fait que Tom n'aie pas été très attentif et qu'il aie perdu de vue Bill, l'énerva encore un bon bout de temps. Il partit bien sûr à la recherche de son protégé, mais il abandonna très vite. Bill voulait être seul. Il le lui avait bien fait comprendre. Peut-être était-il mieux de l'accepter. Après tout il ne voulait pas énerver Bill, mais s'en rapprocher. S'il s'occupait désormais de lui comme il fallait, alors ça fonctionnerait sûrement mieux.

Il se décida alors à regarder l'emploi du temps de Bill un peu plus en détails. Comme ça, il pourrait également en savoir plus sur le déroulement des journées de Bill.

6.oo h – Lever
6.15 h – Douche
7.oo h – Petit Déjeuner
7.3o h – Cours
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13.3o h – Fin des cours = Temps libre
14.oo h – Déjeuner
15.oo h - Devoirs encadrés
16.oo h – Temps libre
17.oo h – Therapie (le lundi seul, Mercredi thérapie de groupe – sinon libre , ou cours facultatifs)
18.oo Uhr – Dîner
19.oo Uhr – Activités de groupe
22.oo Uhr – Coucher


- La liste du service de cuisine et des autres tâches est affichée en bas sur la planche noire.


A vrai dire c'était un emploi du temps très cool qui n'en demandait pas trop de Bill. Beaucoup d'heures de libres. Une heure de thérapie deux fois par semaine. Et les patients pouvaient s'inscrire à des cours facultatifs. Mais Bill ne semblait être inscrit à aucun de ces cours. Car rien de tel n'était noté où que ce soit sur la fiche. Dommage à vrai dire.


Puisque cela n'avançait pas beaucoup Tom, il rangea la fiche dans sa poche et jeta un coup d'oeil à sa montre. Les aiguilles affichaient 13h45. Bill irait donc manger dans un quart d'heure. C'était ce qu'on pouvait supposer. Il était temps pour Tom de découvrir le réfectoire. Peut être qu'il pourrait discuter un peu avec Bill en mangeant, même si pas grand chose ne sortirait de la bouche de Bill.


Il se leva, marcha dans la neige, écoutant le bruit que faisait la poudre blanche et froide et il déambula ainsi jusqu'au bâtiment. Il ne trouverait plus Bill dehors.


Tom regarda d'abord les listes accrochées sur la planche noire. Bill était de service de cuisine le vendredi. Il s'agissait pour le garçon de mettre la table avant le repas et de la débarrasser après, d'amener les couverts à la cuisine et de nettoyer les tables.


Comme on pouvait s'y attendre, le nom de Bill n'était pas inscrit sur les listes des différents cours faciltatifs. Il préférait bel et bien rester souvent seul. Comme en ce moment. Tom ne se doutait pas que Bill était en ce moment même très près de lui. La planche noire était en effet accrochée juste à coté de la salle commune dans laquelle Bill se trouvait encore. Cependant l'attention de Tom était portée sur le plan général de la maison. Le réfectoire se situait en bas. Tout en bas. Tom dû alors redescendre quelques marches. Il y avait déjà quelques patients qui s'asseyaient à leurs places. Cependant, Bill n'était pas là.


Le réfectoire n'était pas très grand. Il faut dire que la clinique ne regroupait qu'environ 70 patients. Plus environ 30 employés. Tous des psychologues et des responsables qui devaient être là 24 heures sur 24 pour les enfants.


Tom balaya encore quelques fois la foule du regard, mais il ne trouva pas son protégé. L'avait-il fâché en décidant de le suivre ? La réponse arriva d'elle-même lorsque que la porte s'ouvrit une nouvelle fois et que Bill entra dans la salle. Il savait qu'il ne pouvait pas échapper au repas, même s'il n'avait pas très faim. Alors il y cédait depuis déjà quelques années.


Il vit Tom et alla même à sa rencontre pour se placer à côté de lui.


« Où ? » demanda-t-il à son surveillant actuel en le regardant d'un air interrogateur.


Tom sourit et désigna deux places libres sur une table déjà bien pleine.


« Là bas ? Avec les autres ? » C'était la mission de Tom de ramener Bill sur le droit chemin. Et si celui-ci commençait d'abord par s'entendre avec ses autres compagnons d'infortune, ça serait déjà un bon en avant de fait.


Hésitant, Bill acquiesca d'un signe de tête. Manger avec les autres ne semblait pas lui plaire particulièrement. Après tout il y avait encore quelques tables de vides. Mais Tom avait opté pour les endroits remplis.


Ensemble, ils allèrent vers les autres, s'asseyèrent aux deux places, puis Tom se présenta aux autres. Certains correspondaient à l'image que Tom s'était faite à propos de Bill. Vraiment déprimés, tristes et blessés. Bill, contrairement à eux, semblait simplement perdu. Il se cachait derrière son éternelle apparence de petit garçon effronté. Chez les autres, on remarquait la fatigue des dernières années.


On servit la nourriture. Une délicieuse escalope avec des frites, de la salade, et en dessert, il était prévu d'avoir du flan à la vanille. Tom fut surpris par la bonne nourriture qu'on servait aux patients et même aux employés.


Comme tous les autres il entreprit de vider son assiette. Mais en vérité, ils ne mangeaient pas tous. Bill donnait des coups de fourchette un peu partout dans son escalope en mâchouillant une feuille de salade de temps en temps.


« Tu n'as pas faim? » Tom s'arrêta de manger. Il laissa tomber sa fourchette et regarda Bill d'un air préoccupé ; ce dernier releva très légèrement la tête avant d'émettre un « Non ». Quelques autres adolescents l'entendirent. Sur leurs visages aussi on voyait nettement à quel point ils se faisaient du souci pour Bill.


« Mais tu devrais manger quelque chose. Tu es déjà si mince. » dit un garçon un peu plus vieux assis à côté de Bill en posant sa main sur son épaule. Cependant ce contact physique déplu à Bill. C'est pourquoi il retira la main de son épaule et secoua de nouveau la tête, en murmurant un « pas touche ».

Tom et d'autres garçons essayèrent d'encourager Bill à manger. Mais rien n'y fit. Ca alla même tellement loin que Bill baissa la tête et commença à pleurer. Cependant, pas très fort. Des larmes quittaient ses yeux les unes après les autres et tombaient sur ses mains qu'il avait posées sur ses genoux. Lorsque les autres le virent, ils se turent. A ce moment-là, Tom réalisa qu'il allait sûrement falloir se battre avec Bill.



# Posté le mercredi 25 février 2009 09:34